L’agility, dans la peau de mes chiens

Vendredi 22 décembre 2017, je suis allé à mon club pour faire le tout dernier entraînement d’agility de l’année. L’occasion pour moi de faire une séance un peu spéciale et me mettre dans “la peau de mes chiens”. Rassurez-vous, je n’ai pas sauté à la place de mes chiens. Je ne suis pas non plus entré dans des tunnels. J’ai eu recours à la technologie. Armé de ma caméra portative, type GoPro, et d’un harnais pour mes chiens, j’ai enfin pu me mettre à leur place.

L’intérêt d’un tel entraînement est de prendre conscience de la difficulté de l’agility pour mes chiens, ce que je leur impose et de comprendre les erreurs que je commets. Un exercice des plus gratifiants que je pense reproduire assez régulièrement.

D’avance, je vous présente mes excuses pour les tremblements et l’image qui bouge sans cesse… Mais en cela, on se rend compte que l’agility demande énormément d’énergie à son chien.

Dans la peau d’Eyka

Vous devez désormais le savoir, mais Eyka est mon berger australien de 8 ans. Ce jour-là, je lui avais demandé de faire le parcours en sautant les barres en A, soit à 35 centimètres de hauteur. Mon club n’a pas encore modifié les haies, c’est pourquoi les sauts sont à 35 centimètres au lieu de 30 cm, selon le dernier règlement en vigueur. Au programme ? Travail des “tourner court”, des “outs” et l’entrée de slalom que je trouvais plutôt intéressante.

Cette première vidéo, a été filmée grâce à mon Ipad. Nous sommes filmés de loin et nous pouvons déjà voir les erreurs que nous avons commis. Notamment, lors du “flip-flop” avant que l’entrée du tunnel bleu, l’entrée du slalom et la fin du parcours.

Lors du “flip-flop”, il y a un manque de compréhension. Effectivement, ma gestuelle est trop lente et Eyka est contrainte de forcer pour rattraper le coup. À titre d’exemple, si les barres avaient été en C, 50 cm (taille de concours), on aurait très certainement cumulé une faute. Le fautif ? Moi… [EMOJI] En tant que moniteur, je me bats sans cesse pour faire comprendre à mes élèves que si le chien est en faute, le véritable fautif est le conducteur. Pour le coup, là c’est véritablement le cas. Un jour, après un concours d’agility un juge disait : “Je ne pense pas que l’on progresse en faisant des erreurs, on progresse en évitant les erreurs”. Je suis toujours resté très sceptique quant à cette phrase. Certains faux pas sont faits pour nous apprendre à être meilleurs. Je pense, également, que personne ne peut prétendre ne pas faire d’erreurs. Certes, on cherche à les éviter pour essayer de toucher la perfection, mais dans mon cas précis, je préfère fauter en entraînement, car je sais qu’en concours j’essaierais d’être parfait pour l’éviter.

D’ailleurs, dans la vidéo “dans la peau d’Eyka”, on voit très les interrogations de ma chienne. Effectivement, mon manque de présence induit ma chienne en erreur. Les moments de latence sont révélateurs des erreurs que j’ai commis.

Dans la peau de Ness

Reproduire cet exercice avec Ness est pour le moins super intéressant. Effectivement, dans ce milieu canin, on dit souvent que faire de l’agility avec un petit chien est totalement différent qu’avec un grand chien. Pour le coup, là je mesure vraiment les dissimilitudes. Tout d’abord, on remarque bien que le chien est beaucoup plus sensible aux positions des jambes, ce qui demande alors une présence physique assez importante. Dès lors, l’agility avec un petit chien me demande un effort tout autre qu’avec un grand chien. En outre, une présence plus marquée et un apprentissage différent. Avec Ness, nous avions travaillé selon les méthodes d’un Anglais : Dave Munnings. Au tout départ, nous avions éloigné les sauts au plus loin les uns des autres. L’intérêt de proposer au chien plutôt que d’imposer. C’est en cela que Ness a gagné une certaine autonomie quant à l’approche des obstacles.

Je trouve que la vidéo “Dans la peau de Ness” est particulièrement enrichissante. Notamment pour l’entrée du slalom. Je suis longtemps resté dans l’incompréhension : “Pourquoi Ness ne va pas chercher l’entrée du slalom par elle-même ?”. Ce jour-là, j’ai enfin eu ma réponse. C’est parce que je fais office de frein et pousse Ness à la faute. Lorsque nous avons tenté à nouveau (après cette vidéo), j’ai aidé Ness et elle est parfaitement entrée dans le slalom. Beaucoup de mes gestes sont “parasites” et la pousse à l’erreur. Afin de continuer à progresser, je pense qu’il est important que je sois beaucoup plus présent et que je lui apporte une plus grande aide.

Le choc quant au visionnage de la vidéo prise avec mon Ipad est sans appel… J’ai besoin de reprendre le sport. Pour nous la saison d’agility reprend mi-février, mais avant cela, nous avons deux stages d’agility de programmer : l’un avec Grégory Bielle-Bidalot, vice-champion du monde d’Agility, et un autre avec Sophie Lafond et Séverine Gautier, toutes deux ont fait partie de l’équipe de France d’agility. Dès lors, j’essaie de dégager du temps pour prendre soin de moi et retrouver une forme physique suffisante.

Également, nous travaillons à la maison. Nous faisons, en effet, un peu de proprioception. Vu les conditions climatiques, je préfère renforcer la musculature de mes chiennes plutôt que de les mettre en danger sur des terrains d’agility glissants. Nous alternons, aussi avec l’apprentissage de nouveaux tricks au clicker training.

2018 promet d’être une année riche du point de vue, nous nourrissons quelques ambitions. Avec Eyka, l’objectif est de prendre un maximum de plaisir sur les terrains afin d’appréhender la retraite sereinement. Pour Ness nous espérons participer à quelques finales nationales, notamment le Championnat de France et la finale par équipe. Nous croisons les doigts et nous donnerons tout pour y parvenir.

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